J12 – Chiang Mai – Chiang Rai

Finalement on ne parvient pas à réserver le bus. La veille, pendant que je grifonnais au bar de l’auberge et que Gaëtan dormait, j’ai réussi à nous dégoter un Uber avec deux anglaises. On se lève plus tôt que prévu pour déjeuner. Tout le monde est à l’heure. On arrive à la gare. Et là… pas de bus avant 14 heures.
Comme on avait que quelques heures et nos sacs à dos, on n’allait pas faire une randonnée. On opte pour un bon pti’ café européen avec enfin un réseau Wi-Fi convenable et on patiente.

On revient à la gare. On choisit nos places à l’avance. On sait lequelles prendre. On s’installe. On passe trois heures à s’amuser avec les gamins de derrière à tuer les moustiques.

On s’installe à l’hôtel et direction le marché nocturne. On mange comme des goinfres ce soir. Deux plateaux de fritures chacun pour moins de trois euros par personne.
C’est la première fois que personne ne nous acoste au marché. Ça fait du bien.

On termine la fameuse journée « Saint-Valentin » dans un bar sur un toit en mode « amoureux » loin de nos chères et tendres…

J13 – Chiang Rai Sud

Nouvelle journée, nouvelle auberge. À la réception on recontre une mamie thaïlandaise hors du commun. 1m50 de haut, une bonne 60aine mais au taquet ! Super chouette ! On discute un peu et elle nous aide à trouver un endroit pour louer des vélos. On lui explique que l’on se déplace souvent par ce moyen de transport. La tête qu’elle tire lorsque l’on lui raconte notre petit tour à Doi Pui. On rigole un bon coup tous ensemble.

C’est parti pour une petite escapade sous 38°C. Mais d’abord faut recharger les cartes SIM. On doit pouvoir se géolocaliser. Quelques croquis dans une boutique pour se faire comprendre (car la vendeuse avait un anglais plus que basique…) et on prend la route.
Direction le fameux Temple Blanc dans le Sud de Chiang Rai.

Sur la route, on s’arrête pour visiter quelques temples. Après une 20aine de kilomètres on arrive au Temple Blanc.

Il est environ 13h. On ne rencontre pas beaucoup de difficultés à garer les vélos. Tous les emplacements sont vides. Il n’y a que nous et en voyant nos t-shirts bien humides on nous sourit comme d’habitude!

Après la visite on se dirige vers un parc en périphérie de la ville. Le plus grand rassemblement de montgolfières d’Asie débute cet après-midi. On cadenasse les vélos à une structure en béton et on nous indique que l’on  doit emprunter une navette gratuite vers le lieu du festival.

Il fait atrocement chaud. On se repose à l’ombre dans une petite échoppe.

On apprend que le festival débute vers 16h. Mais comme on a déjà bien assimilé les moeurs du pays, on sait que ça sera plus tard.

La première montgolfière décolle vers 17h30.
S’en suit un ballet aérien extraordinaire. Une après une, apparaissent au loin, des montgolfières plus loufoques les une que les autres. C’est génial de voir toutes ces silhouettes qui se mélangent au loin avec les derniers rayons de soleil.

Et ce dernier se couche assez rapidement par ici. Pas une excellente nouvelle pour nous ça. L’application sur nos smartphones nous indique que ça prend environ 50 minutes en voiture. Sauf que nous on doit pedaler…

À notre grande surprise, les routes sont bien éclairées et le relief quasi plat. Le retour nous prend 1h05. Pour le pimenter un peu, on décide de dépasser tout ce qui bouge à la façon locale en cramant tout naturellement tous les feux.

On dépose les vélos chez la mamie car la boutique de location est déjà fermée. On les garde pour demain pour faire cette fois-ci le Nord de Chiang Rai.

On fini la journée avec 48km à vélo et 16km à pieds.

J14 – Chiang Rai Nord

On doit réserver une autre auberge. Celle de « notre mamie thaï » est complète pour ce soir. On trouve rapidement une nouvelle et on dépose nos sacs. Direction les sources d’eau chaudes au Nord de Chiang Rai.

Sur la route on s’arrête à quelques reprises pour boire et pour visiter. On arrive aux sources… un peu déçus à vrai dire. Pour commencer on est les deux seuls touristes… Ensuite, devans nous, se dressent quatres gitantesques fontaines… On immite les personnes présentes et on fout nos pattes dedans. Mauvaise idée. Très mauvaise même. Impossible d’estimer la température. J’arrive à tenir 60 secondes montre à la main alors que mon voisin est complètement dedans. Puis un thaï nous voyant galérer nous montre du doigt la fontaine d’à côté. On suit ses instructions. C’est déjà vachement mieux. Là on profite un peu. On voit par contre notre ex-voisin sortir de la fontaine précédente. Tout rouge. Limite brulures au énième degré… mais il va visiblement très bien… un peu fou le type…

À quelques kilomètres de là se trouve une chute d’eau que l’on nous a conseillé. Mais là, la route est plus difficile que prévu. La température, ma fatigue chronique et mes vertiges à répétitions nous ralentissent sacrément. On arrive malgré tout à la pancarte qui nous indique qu’il y a d’abord une petite rando à faire avant d’arriver à la chute.
Une fois en haut, on profite de la vue et on se repose. Seuls quelques papillons et une araignée nous accompagnent. Il n’y a personne d’autre.

On se met doucement sur les selles. On opte pour un chemin non balisé et un peu plus rural pour rentrer. Pourquoi faire les choses comme tout le monde… Pendant une 20aine de kilomètres on rencontre quasi personne sur nos routes.
Par contre de loin on voit une statue gigantesque… On ne l’avait pas prévu dans le planning de la journée. Et hop, petit détour. Comme si ce n’était pas assez, on doit gravir une pente infernale avant de rejoindre la première des 300 marches vers ce temple monumental.
Mais ça valait le coup.

On a encore pas mal de route pour rentrer. On repart avant le coucher du soleil. Là, comme la veille, en roule en mode thaï. On arrive pile avant la fermeture pour restituer nos bolides.

On réserve nos billets de bus pour le Laos et on fini la journée avec 52km au compteur de la bicyclette et 10km à pieds.

J15 – Chiang Rai

Dernier jour dans la province de Chiang Rai. On a prévu de cuisiner. On s’est inscrit à un cours en pensant à nos gentes dames restées à Bruxelles. Comme ça au moins on pourra leur concocter quelque chose de bon à notre retour!

Après un copieu petit déj’ compris dans le prix de l’auberge qui fait en même temps boulangerie, une voiture s’arrête pour nous. On s’attend à être plusieurs et là on a visiblement un cours privé car d’une petite bagnole sort une toute petite dame. On entre dans sa voiture et on fait rapidement connaissance. Elle est si petite que son siège est avancé au maximum pour toucher les pédales. Dès les premiers instants on sent que le courant va bien passer !

Elle nous demande tout d’abord quels sont les plats que l’on veut cuisiner. On lui dit ce que l’on veut et hop, direction le marché. Entre les différentes échoppes, elle nous explique comment choisir tel fruit ou tel légume. Elle nous enseigne également quelques bases sur sa culture chinoise et comment ces confrères fêtent le nouvel an (qui est en cours).
Ensuite, passage dans le rayon ‘fruits de mer’ pour un cours rapide sur les crevettes. Elle me demande si j’ai déjà goûté une crevette avec sa tête. Je lui répond que chez nous on garde principalement que le corps. Alors elle me fait une proposition : « Si j’achète, tu manges! Car chez nous on mange tout! » « Ok, Madame ».
Dans la culture chinoise, ils ont un proverbe : « Tout ce qui a quatre pattes se mange, sauf la chaise ». Sur ses sages paroles on s’en va du marché.

Sur la route elle nous demande si on a une idée de comment est produit le riz. On lui explique ce que l’on sait. Elle nous emmène dans une petite ferme et nous montre une sorte de moulin médiéval avec un moteur diesel. Première découverte de la journée.

Après ce bref stop, on se rend chez elle. Elle vit avec un professeur à la retraite. Elle nous sert un bon pti’ jus de citrouille pour nous désaltérer. Le temps qu’elle prépare la cuisine, on fait connaissance avec son mari. Il nous raconte quelques anecdotes de ses cours de sciences qu’il donnait en Angleterre.

Encore un passage dans son jardin bio pour cueillir les herbes aromatiques manquantes et on commence le marathon.

Plus de trois heures de cuisine pour préparer trois plats différents, un jus maison et un dessert. On a fini par prendre la moitié qui restait à emporter. On a cuisiné pour un régiment…

Avant de repartir, on passe dans son deuxième  jardin où elle a sa propre plantation d’ananas. Elle nous donne plusieurs détails sur la culture de ces derniers et on s’en va.

Sur la route, elle nous explique que le karma a une place très importante dans sa culture et que la partage est également un de ses piliers. C’est la raison pour laquelle nous devons donner à manger aux poissons de la rivière d’à côté. Elle nous emmène alors dans un coin paumé… Il n’y a que nous trois. On nourrit ces gros poissons pour respecter l’équilibre disons « astral » et on reprend la route.

Elle a une de ces façons de conduire… Tcheu dit. La route est plus que droite. Elle arrive quand même à y slalommer sans raison particulière. C’est assez marrant.
Tout un coup, elle voit des agriculteurs sur sa gauche, planter du riz. Immediatement, elle nous lance si on veut voir ça de près. Biensur ! Cinq minutes plus tard, on se retrouve en train de planter du riz. Va savoir ce qu’elle leur a dit mais ils nous ont appris le geste et c’est parti !

On se lave les pattes car on était dans une boue d’environ 30cm et on croit que l’on rentre bientôt. Beh c’est raté car on dit encore oui à sa prochaine proposition.
« Vous aimez le café? » Oh que oui! Nous voilà dans une autre ferme où il sèchent les grains de café. Elle baratine quelque chose et on se retrouve à déguster du thé à base de fleurs de café. Excellent ce petit goût caféiné dans le thé!

Quand elle voit la jeune fille qui nous a servi le thé s’en faire un pour elle-même mais avec des glaçons et une sorte de gélatine noire que l’on trouve uniquement en Chine elle nous demande si on connaît et si on veut goûter. En disant oui, on s’attend quand même pas à ce qu’elle prenne une cuillère, pioche dans le verre de la jeune fille et nous fasse gober le truc l’un après l’autre ! Ça c’est fait ! Si on a une indigestion, on saura à cause de quoi.

Sur le chemin de retour, elle propose aux deux backpackers sur le bord de la route son aide. Une mamie en or cette femme. Mais ils preferent opter pour un bus… tant pis pour eux !

Un pti’ selfie, une grosse accolade et on lui remercie chaleureusement pour cette journée de malade.

Nous qui pensions se retrouver dans un cours de cuisine à plusieurs et revenir vers 14h… Il est presque 17h30. On part se promener dans la ville et grignoter un pti’ truc avant de pieuter car on a le bus vers le Laos très tôt demain matin.