J16 – Chiang Rai – Hoeui Sai – Pak Beng

On est debout très tôt. On doit déposer la clé de la chambre. L’accueil se trouve dans la boulangerie. Mais à 5h45 tout est encore fermé et il n’y a personne. On sonne plusieurs fois mais personne ne répond. On glisse la clé entre les deux portes et on attend. La dame de l’accueil devait nous fournir un petit déjeuner pour la route… Que nenni, elle est toujours dans les bras de Morphée à cette heure-là. Le bus doit arriver à 6h00. Il est déjà 6h40…
On voit un minivan arriver. On prend les deux dernières places disponibles. C’est parti pour plus de deux heures de route vers la frontière.

Arrivé là, c’est un peu la pagaille… On attend plus d’une heure pour obtenir un visa. Une fois obtenu, on passe la frontière. C’est parti pour le LAOS !!

On se dirige vers un « tuk-tuk king size »… Il nous dépose d’abord dans un petit village dans lequel on s’approvisionne. On rencontre deux Américains qui n’y vont pas par les quatre chemins… Une caisse de bière rien que pour eux pour bien entamer ce périple. Et comme ils prennent une quantité importante, ils ont droit à quelques kilogrammes de glace en bonus.

Après une douzaine de kilomètres on aperçoit pour la première fois le Mékong, la mère de tous les fleuves. On se dirige vers le bateau dans lequel on passera plus de sept heures le premier jour et environ huit le lendemain.

Nos places sont numérotées. On s’assoit et on admire le bordel en cours. Peu de monde a remarqué la numérotation ce qui engendre des conflits entre ceux qui veulent prendre leur place et ceux déjà installés un peu n’importe où. Ça devient un gros poulailler en quelques minutes.

Le bateau démarre. On partage notre banquette avec un Français un peu plus âgé que nous, un Finlandais asocial, une jeune Anglaise et une dame qui voyage seule depuis plus de cinq ans.

Notre voisin s’appelle Bernard. Il frôle la septantaine facile. Il voyage seul. À l’époque, il avait commencé l’architecture comme nous. C’était l’ère de la grosse table à dessin. Mais ce n’était pas sa voie puisqu’il a changé rapidement. Aujourd’hui, il est journaliste à la retraite. C’est un papy complètement déjanté, riche en histoires. Entre nous, on finira par le surnommer « Bernard l’Hermite » !

Le bateau est rempli à craquer. Plus d’une centaine de personnes à bord. Et parmi eux, une dizaine d’Australiens âgés de 18 à 20 ans…  qui n’ont qu’un seul objectif : faire la fête. C’est parti pour plusieurs heures de pur bonheur auditif. Les heures passent et le petit groupe devient de plus en plus amoché. Résultat ? Une jeune blonde pourra prétendre qu’elle s’est au moins baignée une fois dans sa vie dans le Mékong. Elle chute du bateau sans faire exprès. Et la cerise sur le gâteau? Le bateau poursuit comme si rien n’était. Ses amis se mettent à paniquer. Personne n’est capable de les aider. On voit progressivement la blondinette disparaitre à l’horizon.

Quelques minutes plus tard, le capitaine vient les prévenir que l’on se charge de leur amie. Un bateau rapide l’a secouru.

Tout le monde se met à applaudir le sauveteur et elle croit que c’est pour elle… Ce petit accident ne les empêche bien évidemment pas de continuer là où ils s’étaient arrêtés… Elle avait visiblement besoin d’un petit rafraîchissement.

On arrive enfin à Pak Beng. C’est un petit village dans lequel on passera la nuit. On dépose nos affaires à l’auberge et on part se trouver de quoi manger.

On entre dans un petit restaurant. On commande et avant l’arrivée des plats on nous offre deux shots de whisky laotien. Surpris, on ne dit pas non!
On termine à peine de manger qu’une personne m’interpelle. Chez nous, c’est plutôt un vendeur de roses qui passe de table en table. Là, c’est un dealer. Il me demande si je veux un petit joint ou de l’opium… Bien sûr ! On lui dit gentiment qu’il peut aller se cuire un oeuf à la table d’à côté et on paye l’addition.

Comme il était encore assez tôt on opte pour un petit billard. Sur place, on rencontre un groupe que nous avons vu de loin dans la file à la frontière le matin même. Une Lilloise en fait partie. C’est une jeune psychomotricienne qui voyage depuis plusieurs semaines en Asie et qui a la tête remplie de projets plus fous que les miens. Elle deviendra notre « Chtie » d’Asie !

J17 – Pak Beng – Luang Prabang

Le bateau repart à 9h. Avant le départ on fait quelques échoppes pour trouver des nouvelles cartes SIM. On en trouve pour un dollar et un autre dollar la recharge, autant dire quasi gratuites… On déjeune et on prend le bateau. Il est légèrement différent celui-là. La veille, on avait des tables et des bancs en bois. Aujourd’hui, chaque siège est diffèrent. C’est un melting pot de différents sièges de voitures. C’est beaucoup plus folklorique. Du coup, on a d’autres voisins : deux dames Québécoises assez sympatoches et le groupe de Français de la veille.

On n’entend plus les gugus d’Australie. Ils dorment sagement à l’arrière.

On n’a plus de réseau depuis 36 heures. À l’arrivée on a beaucoup de mal à trouver un hébergement. On apprend que c’est le Nouvel An Chinois. Tous les établissements sont remplis à craquer.

On finit par en trouver un et on s’installe. C’est parti pour une première soirée à Luang Prabang. À l’arrivée, on sent directement le passage des Français avec le style colonial omniprésent du début du XXème siècle. Les rues sont ordonnées, les bâtiments ont bien vieillis et les gens ne vous harcèlent pas pour l’achat de babioles au marché. On ne tarde pas trop ce soir.

 J18Luang Prabang

On change d’endroit. On est parvenu à réserver un hôtel qui a l’air un peu plus potable. On fait le checkout et on s’en va. En rue, on rencontre les deux Québécoises. On leur explique que finalement on n’a pas dormi dans la rue et que ce que nous avions trouvé était correct. On apprend que notre nouvelle réservation est l’endroit où elles ont passé la nuit. Elles nous disent qu’elles voulaient prendre quelques nuits en plus mais que quelqu’un a réservé avant elles. En rigolant, elles nous rétorquent que c’est peut-être nous et qu’elles avaient la chambre 10. Sur cela, on leur souhaite bonne route et on s’en va.

On reçoit les clés de notre chambre. Le numéro 10 bien évidemment. Ça ne peut arriver qu’à nous ça. On rigole un bon coup et on part à la découverte de la ville.

On commence par un jardin botanique. Les tarifs varient en fonction des activités sur place. Du coup on ne prend que le pack basique. Le prix d’entrée avec le transport en bateau et la visite d’une demi-journée. On finit par y passer quasi toute la journée et on nous invite à participer à deux cours : un sur le tressage en bambou et l’autre sur les orchidées. Tout ça sans frais supplémentaires !

On continue par une visite de quelques temples et on termine avec une ascension de 300 marches du Mont Phousi qui se trouve au centre de la ville.

J19Luang Prabang

On entame la journée par un changement d’hébergement. Sur la route vers la nouvelle auberge, on loue des vélos. Objectif du jour : les cascades de Kuang Si situées à 35km de Luang Prabang. Comparé à Doi Poi en Thaïlande, c’était certes plus long mais moins physique.

Au Laos le moindre truc est payant. À l’arrivée, on nous demande de garer nos vélos et de payer pour les attacher à un bout de bois… Hors de question surtout que l’on a dû déposer une caution astronomique et faire 35 bornes à pieds si on les retrouve plus n’était pas envisageable.
On rebrousse chemin. 100m plus loin on trouve un poteau en béton, on les cadenasse, et on se dirige vers l’entrée.

On rencontre le groupe de Français avec qui on passe nos soirées. Pour se rendre aux chutes, ils ont opté pour un minivan. En voyant nos t-shirts ils nous demandent où l’on s’est baigné car ils ne nous ont pas vu. On leur explique que l’on vient d’arriver à vélo et que l’on a un peu chaud… Ils ont bien rigolé.

Quelques minutes plus tard, on est dans l’eau. Elle est super froide mais ça nous fait un bien fou. On prend notre temps pour se reposer. On mange sur place pour un rien et ensuite on commence à rentrer doucement.

Il fait déjà plus frais, genre 29 degrés… En roulant, quelques p’tis goss veulent nous faire la course. On joue un peu avec eux. On les laisse gagner et on s’en va avec d’énormes sourires sur nos tronches.

La nuit tombe et il nous reste quelques kilomètres. On arrive pile avant 19 heures pour la fermeture de la boutique de location et on restitue les vélos.

Une p’tite soirée avec les Français et dodo !