J20 Luang Prabang – Vientiane

Journée de glandouille en perspective. Et pour bien l’entamer, rien de mieux qu’une boulangerie tenue par un Français ! Les pains au chocolat… Ça change de la quotidienne « omelette au riz » Qu’est-ce que ça nous manquait ! On se goinfre et on sirote un bon p’tit café.

On passe notre temps à gambader par-ci et par-là. On change de terrasse quand ça nous chante. On programme grosso modo la suite du périple.

Le bus vers Vientiane, la capitale du Laos, part à 20h30. On est prêt. C’est notre premier bus de nuit. On en a pour plusieurs heures. Ce moyen de transport nous permet d’économiser en temps (car on voyage la nuit) et en auberge, car y on somnole quand même un peu.

Mais ! Il y a une subtilité que l’on ignorait ! Comment l’expliquer… Deux gabarits d’environ 70 cm de large chacun, donc 140 cm au total, dans une couchette de 120 cm. Trouvez l’erreur… Ah oui, et pas plus de 180 cm de long… la nuit fût épique. On a dormi en mode « un peu plié ».

Mais on ne se plaint pas. Sur la route, le conducteur  ramasse quatre personnes supplémentaires. Le bus est déjà rempli comme ça. « Ce n’est pas grave voyons, il reste le couloir bien évidemment ». Il leur a donné un coussin avec une petite couette et ils y ont dormi. J’espère pour eux que leurs tickets ne valaient pas grand-chose…

La visibilité ne dépasse pas dix mètres. La route est sinueuse. On parvient malgré tout à s’endormir parmi tous ces ronfleurs asiatiques !

J21 Vientiane

On arrive vers 7h du matin. On nous dépose à une gare à quelques kilomètres du centre-ville. On ne fait même pas cinq mètres à la sortie du bus qu’une vague de conducteurs de tuk-tuk s’abat sur nous.

Chacun propose son prix. L’un moins cher que l’autre. On finit quand même par prendre le bus municipal, pour le tiers du prix du soit-disant « moins cher ».

On marche encore un peu avec nos sacs. Une fois arrivés à l’auberge, on les dépose et on se prend un petit déjeuner « Laotien », c’est-à-dire, une omelette avec du riz… et un café à la chicorée. Au moins ça nous donne du pep’s pour la matinée.

Des temples, des bouddhas, etc. on commence à saturer… On en fait un ou deux malgré tout et on part vers un marché pour grignoter. On se retrouve au troisième étage d’un pseudo centre commercial rempli de petits restaurants. On y trouve de tout. Les contrefaçons sont légions.

On est les deux seuls blancs de l’étage. Plus les jours passent, plus on a du mal à se faire comprendre. Personne ne parle anglais. Encore heureux qu’il y a des images sur les menus écrits uniquement dans la langue natale. Ça ne m’empêchera pas malgré tout de choper des sushis à chaque fois que j’en verrai, peu importe où : dans un resto, dans la rue ou dans une échoppe que l’AFSCA aurait fermé sur le champ.

Le soir on craque. On trouve un bar. Un bar pas comme les autres. Un bar BELGE, tenu par un BELGE. À l’entrée couronnent des étagères remplies de bouteilles de chez nous. Quelques pancartes ornent les murs. On s’y croit au pays. On commence à baver. Mais hélas, on déchante rapidement quand on voit les prix. Une bonne petite trappiste à 15 euros… C’est équivalent à trois nuits dans une auberge. Un peu cher quand même… Mais il y a une promo : deux petites brunes pour le prix d’une. On cède à la tentation. Ça change de la Pils du coin.

On décide de ne rester qu’une nuit à Vientiane. On réserve notre second bus de nuit vers Paksé pour le lendemain.

J22 Vientiane – Paksé

Nous avons quelques heures devant nous avant de monter dans le bus vers le Sud du Laos. Il n’y a pas grand chose à faire dans la capitale. On opte pour une petite escapade dans un parc rempli de statues assez uniques et atypiques.

Les tours opérateurs demandent un prix assez élevé pour le transport et la visite. On finit par s’y rendre par nos propres moyens pour 11 fois moins cher que demandé…

Quelques photos, une petite pause et on revient en ville. Direction le même centre commercial que la veille pour grignoter.

On passe notre après-midi sur une esplanade, près du Mékong. Là, je me fais accoster par deux jeunes Laotiens. Au départ, je suis perdu. Ils ont un anglais extrêmement basique. J’arrive malgré tout à comprendre qu’ils veulent juste me parler pour perfectionner le leur. Pourquoi pas. C’est parti pour une conversation qui va dans tous les sens en passant par des applications de traduction ou par des croquis pour expliquer tout et rien et que je voyage car j’ai des « trous » dans ma tête.

Le bus est là. Il a l’air mieux que le précédent. Nous disposons d’une prise électrique et d’un mètre trente de largeur cette fois-ci. Le couloir est vide.

À 2h00 du matin, tout le monde dort. Moi, je rédige. C’est calme. Les paysages défilent. Les étoiles tapissent le ciel. On distingue les constellations sans aucun effort. Et le bus s’arrête sur la bande d’urgence… Ça ne sent pas bon…

Ni vu, ni connu, les deux conducteurs sortent leurs lampes torches et se mettent à remplacer le pneu crevé. 45 minutes plus tard, on redémarre. On arrive à notre destination quelques heures plus tard.

J23 Paksé

On prend pour habitude de se loger dans des endroits à chaque fois différents. Cette fois-ci on tombe de nouveau dans un de ces trucs… Sur une des applications, les images paraissent convenables et le prix attractif. Mais la réalité est bien différente. Après une nuit « collé-serré » dans le bus tel un vieux couple, on ne rêve que d’une bonne douche. Et là, nos rêves se brisent en mille morceaux. Certes, la douche est bel et bien là. Certes, elle est bien équipée. Mais il y a un petit bémol. Je le découvre en premier. Il n’y a pas d’eau chaude. Et ça, on ne le sait pas encore mais ça va nous arriver souvent dans les jours à venir.

Il y a aussi une petite fenêtre. Elle donne directement vers le séjour de l’établissement. Autant ne pas en mettre… Car ce n’est pas de la lumière naturelle qu’elle nous ramène mais des bruits des occupants qui déjeunent…

Il est midi. Après un tour rapide dans le centre, on comprend rapidement que ce n’est de nouveau qu’une ville de passage. Rien à faire. Rien à voir. C’est comme aller dans un patelin chez nous et visiter la petite chapelle du coin. On organise le restant de la journée. Il y a trois chutes d’eau à voir dans les alentours. Chacune est à environ 40 km de la ville et en plus elles sont assez distantes les unes des autres. On se dirige vers un semblant d’office de tourisme. On nous annonce que les navettes vers ces endroits sont parties à 8 heures du matin… Bon. Il faut improviser. On écarte directement la solution des scooters. On zappe également les vélos. Si c’est pour pédaler sur des nationales et respirer ces nuages noirs que l’on voit s’échapper de certaines bagnoles préhistoriques… Merci.

Et comme par hasard, un tuk-tuk nous interpelle. Alors je me dis « qui ne tente rien, n’a rien ». J’entame les négociations. Résultat : 180 kilomètres pour quelques euros… vachement plus alléchant que les offres de l’office de tourisme et surtout « à la carte ».

Premier arrêt : Tad Champi

L’état des routes est pitoyable. Il nous dépose à l’entrée et il nous indique où il va attendre. On s’en va et sur la route on s’achète des noix que des jeunes filles du village du coin sèchent au soleil. Elles nous crient déjà au loin pour venir en acheter. Comme le prix est identique partout, on pioche une échoppe au hasard et on lui achète une petite sacoche.

Sur la route, on ne rencontre personne. Seules quelques poules gambadent avec leurs poussins. On dirait que tout le village est désert. On commence à entendre l’eau de loin. La vue est sympa malgré le fait que nous sommes à la fin de la période sèche et que le débit est du coup moins important.

Sur la route vers le tuk-tuk, on traverse un autre petit village. C’est beaucoup plus animé par ici. Des gamins nous saluent au loin. Ils jouent et rigolent en nous voyant. Je ne prends quasi aucune photo de cet endroit. C’est si beau, si paisible et si simple. J’ai l’impression que le temps s’est figé et a laissé cet endroit immaculé.

Notre cher conducteur se la coule douce à l’ombre. Il a déplié un hamac et nous attendait tranquillement.

Deuxième arrêt : Tad Fane

Là c’est un peu plus sportif. On sent le dénivelé dans nos cuisses. On s’arrête pour acheter un régime d’une dizaine de mini-bananes pour un demi-euro et on savoure autant la vue que le goût de ces fruits.

Troisième et dernier arrêt : Tad Yuang

Pour rejoindre les chutes on doit de traverser un autre petit village. Quelques clichés et hop, on rentre.

Après coup, on ne regrette pas du tout d’avoir pris ce moyen de transport. On rentre extenué. À vélo on n’y serait pas parvenu aussi loin et en scooter, vu les routes… et la poussière, je n’ose pas imaginer dans quel ravin on aurait fini.

En se quittant, le conducteur nous demande nos plans pour demain. On lui explique que l’on quitte l’hôtel avec nos sacs sur le dos et que l’on va essayer de joindre un site archéologique à 40 kilomètres. On ne sait pas encore trop comment mais on verra. Ensuite, une fois sur place on avisera pour trouver un autre moyen de transport pour rejoindre les « 4000 îles » au sud du Laos.

Il nous propose de nous y amener mais je rigole quand il m’annonce le prix. Quasi le même que pour les 180 kilomètres de la tantôt… Finalement, j’obtiens le prix voulu et on se fixe un rendez-vous pour 8h30 du matin.

Pour finir la journée en beauté, rien de mieux qu’une douche bien froide !

J24 Paksé – Champasak – Don Det

On se lève en retard. On doit encore rapidement passer par un ATM pour sortir un peu de liquidités. Sur la route de retour, notre conducteur nous voit et nous dépose à l’auberge. On prend nos sacs et c’est parti pour une heure en tuk-tuk vers le Vat Phou.

Il nous dépose à l’entrée des ruines. On y passera deux heures, pendant lequel monsieur, comme la veille, sera dans son hamac à nous attendre à l’ombre. Nos gros sacs sont toujours là. Cela fait des semaines maintenant que l’on ne s’en soucie plus. On les laisse tous les jours quelque part. Si on les récupère le soir, c’est bien. Sinon, on s’achète tout sur place. Il n’y a toute façon aucun objet de valeur dedans (sauf mes médocs mais bon…).

Il nous débarque sur la rive gauche du Mékong. La veille, on a cru comprendre, qu’après la visite, il nous conduirait jusqu’à une barque qui nous permettait de rejoindre la région des 4000 îles.

Nous voilà devant la barque comme convenu. Il part. On apprend que le bateau va uniquement nous déposer sur l’autre rive. Et c’est à ce moment précis, que commence la pagaille.

Après quelques minutes, on est de l’autre côté. Le transporteur sort avec nous. Il lance quelques mots en laotien à des gens autour. Un lui répond. On nous demande de le suivre. On marche un peu avec nos sacs sur le dos à du 39° à travers un petit village de pêche. Notre « guide » s’arrête près d’un bar. Quelques mots, et hop, on doit suivre une autre personne. Là, on se dirige vers un gros pick-up tout terrain. Le conducteur ne capte rien. Il nous dépose quelques minutes plus loin à une intersection. On le paye l’équivalent d’une bière locale et on prend nos sacs.

Impossible de dire où on est. Le panneau de gauche indique « Paksé 40 km ». Celui de droite « 4000 Islands 101 km ».

Devant nous il y a quatre échoppes. Sur la gauche, un boucher et un vendeur de maïs grillé. De la bonne viande à l’air libre sous cette chaleur sur le bord d’une route… Mhmmmm ! Ça doit être un met délicieux.

Je commence par accoster deux jeunes femmes. Pas moyen de se comprendre. Je vais vers les échoppes d’en face mais cette fois-ci avec mon carnet de croquis. En vain… Même avec un croquis de bus, d’un arrêt et d’une montre pour demander à quelle heure passe un moyen de transport par ce trou pommé, il n’y a pas moyen de communiquer.

On s’en va acheter du maïs car nos ventres gargouillent un peu. Je suis sur le point de demander un bout de carton au vendeur, pour gribouiller dessus notre destination et faire du stop pour les 101 km restants. Et là, on nous klaxonne dessus. On capte que c’est un bus malgré qu’il ressemble plus à un tuk-tuk géant ! Espoir quand tu nous tiens ! On monte, on lui demande s’il va bien aux 4000 îles. Sauvés ! Il balance nos affaires comme des vulgaires sacs à patates sur le toit du bus et on grimpe.

Là, vingt paires d’yeux nous fixent. On devient l’attraction du jour. C’est notre premier bus de ce genre. On voyage plus de deux heures avec des poules, des poussins, des bonbonnes de gaz et j’en passe.

Après une heure de route, un premier stop pour déposer quelques personnes. On s’achète quelques fruits et de l’eau pour le reste de la journée. J’ai la chance de partager mon siège avec une dame qui venait de faire les achats pour la semaine. Des boyaux baignant dans du sang, des organes de je sais quoi, de la viande grillée… Toutes ses courses à portée de ma vue… Et de mon nez. Ce fût plaisant.

Enfin le dernier arrêt. C’est le nôtre. On s’en va vers le port. On prend un petit bateau pour rejoindre une des îles principales. Après un quart d’heure on y est. Il se fait tard. Le soleil est couché. On vérifie l’état de la chambre et on s’endort.

J25 Don Det

On se lève tard. On a gagné un peu de temps avec les bus de nuits. On compte se reposer dans les jours à venir. On se dit qu’aujourd’hui on va faire le tour de notre île et peut-être de la voisine.

Après le petit déjeuner, on demande à prolonger notre réservation pour quelques nuits supplémentaires. C’est mort… Tout est réservé. Mais il y a toujours une alternative dans ce pays ! La gérante nous amène chez sa cousine à 50 mètres. Elle nous propose le même prix et quasi la même chambre. On réserve et on s’en va à la découverte de Don Det.

On emprunte le seul pont disponible pour rejoindre l’île voisine et on continue notre petite randonnée. On est de nouveau qu’à deux. Mais pas pour longtemps. On a un problème. Un troupeau de buffle nous marche droit dessus. On ne s’alarme pas mais on accélère le pas. Dans les alentours, il n’y a pas de boutiques ni de vendeurs à la sauvette. On a que de l’eau et nos bananes achetées près de l’auberge. Après un bon moment, on arrive enfin aux chutes de Don Khon. On admire le paysage pendant un temps indéfini et on rentre.

Le soir on trouve un petit resto qui ne paye pas de mine. Spécialités coréennes. On y va malgré tout. En entrée on nous sert un amuse-bouche : une petite assiette de choux fermentés aux épices. Délicieux. Tellement bon que lorsque l’on se commande un deuxième plat chacun (on avait la dalle, on a fait plus de 25 km à pattes) je prends une omelette à base de cette entrée.

Ensuite, on finit la soirée sur la plage avec un feu de camp improvisé par quelques Allemands.

J26 Don Det

Programme du jour : Kayak. Problème du jour : le plat de la veille.

Le réveil est pénible. J’ai une de ces douleurs au ventre au niveau des abdos. Je n’ai aucun autre symptôme hormis celui-là. Pas de vomissements, pas de diarrhée, pas de fièvre. Rien. Juste une douleur à ce niveau lorsque j’effectue peu importe quel mouvement. Je me dis du coup que c’est peut-être les fameux choux de la veille…

Pendant le petit déjeuner, je comate. Je prends sur moi et je m’obstine à ne pas annuler notre journée sur le Mékong. (Cette décision rentre haut la main dans le TOP 3 de mes choix les plus débiles pris en Asie… parmi eux figurent notamment la descente de Doi Pui la nuit. Car j’avais volontairement zappé cet épisode lors du premier article. Ça nous a pris plus d’une heure dans le noir complet à descendre cette montagne avec les mains non-stop sur les freins. On n’avait qu’une lampe frontale que j’avais attachée sur mon guidon. Une lampe pour deux… Zéro éléments réfléchissants pour prévenir les bagnoles de notre existence. On a failli écraser un chien et se tauler à maintes reprises. Bref, c’était Doi Pui !)

C’est un kayak pour deux. On s’attendait à être maximum une dizaine de participants. On frôle plutôt la trentaine. On suit les guides. Ça n’a pas l’air d’être trop physique. Quelques virages, quelques chutes et une première pause. Au programme, un trek d’une heure vers des chutes d’eau. Pendant notre absence, les guides nous concoctent un plat. Mais personne ne nous a prévenus de la difficulté de cette randonnée. Pour commencer, tout le monde était en tongues… Le terrain était rocheux. Les 50 derniers mètres pour rejoindre le point de vue nous ont pris une dizaine de minutes.

On rentre, on mange ce qu’ils nous ont préparé et on se remet à l’eau. Quelques minutes plus tard, un couple est pris dans le courant. Plus de peur que de mal, mais la femme est sortie en pleurant. D’autres duos sont également tombés. Nous… on est unique. On arrive à se coincer en plein milieu du torrent sur un tronc d’arbre pendant quelques bonnes minutes.

On est de retour sur l’île. On mange et dodo. À 22 heures ça ne va pas. Les douleurs sont toujours là. Je demande à Gaëtan de me trouver un médecin. La jeune fille de l’auberge parle très bien anglais. Elle nous trouve un bateau et un tuk-tuk pour rejoindre un médecin sur une des îles dans les alentours. Après plusieurs explications, on me donne 7 ou 8 pilules à gober. Je me pose aucune question et j’avale tout. La fille me traduit que le médecin doit me faire une injection. Je valide et je tends mon avant-bras droit. Elle m’explique en rigolant que c’est dans la fesse. Bon. Elle quitte la pièce et on m’injecte un produit. Je somnole un peu et on rentre une demi-heure plus tard.

Il est 2h du matin. La douleur s’est multipliée. On part à nouveau réveiller la fille. Cette fois-ci, je demande à aller dans un hôpital. Le plus près est celui de Paksé, à 150 km de l’endroit où nous nous trouvons. On revient en arrière… On doit prendre un bateau, un tuk-tuk et un taxi pour une somme exorbitante, mais je n’ai pas le choix. On y arrive à 6 heures du matin. On a deux contrôles sur la route, mais je dors.

Une fois arrivé, on me fait passer une petite échographie pour voir si je ne suis pas accidentellement tombé enceinte. On me file quelques pilules à avaler et on me fait deux nouvelles injections mais dans la fesse droite cette fois-ci. Je suis remis sur pieds en moins de dix minutes. Et la petite cerise sur le gâteau c’est que l’on m’a administré ces injections dans le couloir, juste à l’entrée de l’hôpital…

Cette petite escapade nocturne m’aura couté bonbon. 70 centimes l’examen, 2 euros les médicaments et plus de 120 euros la course… En plus, on a raté notre bus déjà payé que l’on devait prendre des « 4000 îles » vers la frontière cambodgienne.

Il est 7h. On prend rapidement un tuk-tuk, direction la gare de Paksé. On réussit à avoir un nouveau bus vers la frontière. Il démarre à 7h30.

On achète un peu d’eau, quelques fruits, et on embarque ni vu ni connu. Direction le CAMBODGE !

J27 Paksé – Kratie

La ville de Kratie est notre premier repère au Cambodge. On y passe une nuit avant de rejoindre la région du Mondulkiri, à l’est du Cambodge.

Dans le bus, on reconnait quelques têtes des îles. Je leur explique notre petit détour nocturne. L’ambiance est au rendez-vous.

On s’apprête à passer la frontière. C’est parti pour une heure d’attente. On remplit les papiers et on donne nos documents. A la place de me prendre une photo, ils m’en prennent quatre. Va savoir pourquoi… On suit les autres. C’est un autre bus qui nous récupère. En attendant les autres, on a le temps d’acheter deux cartes SIM, des biscottes, de l’eau et on s’installe.

On arrive à Kratie début de l’après-midi. Il n’y a rien à visiter. Enfin si, des dauphins… mais bon. On n’est pas trop motivé pour s’entasser dans un bateau rempli de touristes dans l’espoir de voir une ou deux nageoires au loin. On trouve une banque et direction l’auberge. On se repose et on achète nos billets pour l’est du Cambodge.

J28 Kratie – Mondulkiri

6h30 le petit déj’. 7h00 le bus est là. C’est plutôt une navette, car il nous débarque à la « gare ». Là, on déplace nos sacs dans un autre bus et on attend. Il va démarrer une fois rempli, c’est-à-dire deux heures plus tard… Et comme on adore voyager « folkloriquement », que serait un voyage sans les poules !!

La dernière arrivée met tranquillou toutes ses cages remplies de poussins à l’arrière du bus. Le conducteur, quant à lui, adore la musique techno khmère. Un quart d’heure c’est encore marrant. Mais plusieurs heures de musique psychédélique entrecoupées par des gloussements de poules. Merci.

On n’est pas les seuls étrangers à profiter de cette ambiance. Au fond du bus se cache une petite Suisse de 19 ans qui voyage depuis un bon moment seule : Australie, Nouvelle Zélande, Bali,… Elle va également dans la même ville que nous et a un programme similaire au notre. On s’échange nos coordonnées.

On arrive à Sen Monorom. On marche environ une heure avec nos sacs sous 35° pour rejoindre l’auberge. Sur la route, Gaëtan trouve un billet. Enfin, la moitié d’un billet de 100 dollars ! L’autre moitié est peut-être dans les parages. Cinq mètres plus loin, je la vois ! On se dit alors que ça va un peu couvrir les frais du fameux taxi nocturne. Contents, on poursuit notre route avec un seul objectif en tête: trouver du papier-collant.

Pour 6 dollars la nuit, on a réussi à dégotter un bungalow perdu dans la pampa. Cela équivaut à moins de 5 euros. Le Riel est la devise du Cambodge mais comme il a une faible valeur, tout se règle en dollars. On s’attendait à pire. Un peu comme ce que nous avons vécu à Pai en Thaïlande.

Quelques marches nous séparent de l’étage où l’on dormira. Une moustiquaire est bien présente puisqu’il y a des trous dans le plancher. Mais c’est extrêmement correct et le cadre est magnifique. La petite structure d’à côté abrite quant à elle des chevaux au rez-de-chaussée et une chambre à l’étage. On se dit que l’on doit peut-être s’attendre à une visite de quelques poneys à un moment ou à un autre.

On déplie le hamac que nous avons à notre disposition et repos.

On s’aventure en ville pour grignoter un coup et pour programmer la suite de notre voyage. On trouve notre bonheur. Deux jours dans la jungle. Une journée de trek d’environ vingt kilomètres, une nuit dans la jungle et une journée avec des éléphants. On s’assure d’abord que ce n’est pas le même genre de bordel que l’on a pu voir il y a quelques semaines où des légions de Chinois grimpaient sur ces bêtes pour faire le tour d’un rond-point au centre-ville… On réserve et on rentre.

L’auberge dispose d’un petit restaurant et d’un billard. Contrairement à la Thaïlande, au Laos et au Cambodge, le billard est gratuit. On y passe toute la soirée.

J29 Mondulkiri

Le trek de deux jours est réservé pour le lendemain. Du coup, on a une belle journée « Farniente » devant nous. Au programme : hamac, musique, rédaction et billard. Fin d’après-midi on rencontre deux Françaises qui entament leur voyage de trois semaines au Cambodge. Elles paraissent un peu anxieuses et nous posent un milliard de questions. Elles nous racontent leurs débuts. Nous on fait tilt lorsqu’elles évoquent le poids de leurs sacs. Le triple des nôtres pour deux fois moins de temps… Elles s’étaient préparées comme si c’était un pays post apocalyptique. Un aspivenin dans le cas d’une morsure, une trousse de premier secours comme si elles partaient pour la guerre, des vêtements d’Inuits alors qu’il fait minimum 30°… Elles ont bien rigolé quand on a dit que l’on avait que cinq slips et quelques t-shirts. Mais bon, chacun sa façon de voyager !

J30 Mondulkiri

On est en ville à 7h30. On a rendez-vous à 8h00. On déjeune et un 4×4 débarque. On aperçoit au loin la petite Suisse, Loïse. Elle a réservé la même formule que nous. On apprend que l’on sera à six au total. La veille on nous a dit que l’on commencera par la randonnée et que le lendemain on passera la journée avec les éléphants.

La voiture s’arrête à un moment et on sort. La guide se présente. Elle nous donne à chacun de l’eau et deux gros troncs de bambou en nous mentionnant que c’est le p’tit déj’ des éléphants. Bon, visiblement le programme est inversé. Aucune importance pour nous.

On effectue le trajet vers la réserve des éléphants avec trois personnes. Un couple de Parisiens et une autre Suisse. Tout le monde parle français. Ça change un peu.

Après une heure de marche, on voit au loin deux imposantes masses grises. L’une a 50 ans, l’autre 60. On nous explique, que la doyenne des éléphants est décédée à 95 ans il n’y a pas si longtemps que ça.

On nourrit ces grosses bébêtes avec les troncs de bambou et avec quelques bananes. Elles sont très dociles. Elles se laissent caresser. Sur le dos de chaque éléphant, un Mahout est présent. C’est leur maître et soigneur.

Elles s’en vont et nous on se dirige vers l’endroit où on va prendre notre repas. La guide nous concocte un plat et nous on se baigne pendant ce temps-là.

Après le repas, on voit les deux jeunes Khmers entrer dans l’eau avec les éléphants. Les deux femelles commencent à jouer en foutant de l’eau partout. On les rejoint. On les lave et on admire le spectacle.

C’est reparti pour une randonnée pour quitter la réserve naturelle. Une petite camionnette nous attend au bord de la route. On dépose les trois personnes qui n’avaient opté que pour une journée dans la jungle et le conducteur nous conduit vers notre hébergement. Une hutte au milieu de nulle part. À l’intérieur, trois hamacs avec moustiquaires intégrés. Dans la « salle de bain », le coin douche se résume à un tuyau en PVC bleu sortant de la cloison en paille, avec un robinet type Shell pour l’actionner. Le tout, à l’air libre. Finalement, pourquoi avoir une toiture ? Prendre une douche sous les étoiles c’est quand même vachement plus marrant.

On s’endort après un repas concocté par les habitants de la hutte d’à côté. Après avoir vu des araignées de minimum 12 cm de diamètre, on est tous les trois contents d’avoir chacun sa moustiquaire.

J31 Mondulkiri

On est debout très tôt. On admire le lever du soleil pendant le petit déjeuner. On ramasse nos affaires et c’est parti pour une belle marche. On va d’abord parcourir des champs, des vallées et traverser une rivière avant de rejoindre notre premier stop dans la jungle: une petite chute d’eau près de la laquelle notre guide fait un feu. Pendant que nous on se baigne, il coupe un bambou. Il y intègre tous les ingrédients que l’on a coupés et le met dans le feu. Une heure plus tard, on déguste le plat. Il nous sert dans des assiettes improvisées : des sortes de rigoles en bambou qu’il a coupé préalablement. Il nous fait également des verres « maison » dans lequel il partage la petite canette de bière qu’il avait emportée avec lui. C’est juste super bon.

En plus, on est persuadé d’avoir eu le meilleur guide du coin. Hormis le fait qu’il était doué dans tout ce qu’il entamait, il devait aider les deux – trois guides que l’on a rencontrés sur la route. Soit pour leur faire un feu ou pour d’autres trucs. Un MacGyver Khmer !

Il nous emmène vers deux autres chutes d’eau et on entame doucement la route de retour. Un orage éclate. Ce seront nos premières gouttes de pluie… depuis le départ de Bruxelles. Ça par contre, ça ne nous manquait pas. La bière oui mais pas la pluie…

On arrive au village tous trempés (à vrai dire, c’est dur de percevoir la différence entre un t-shirt humide et un t-shirt rempli de sueur, et c’était plus le second…). On nous sert un thé pour se réchauffer et on patiente que quelqu’un vienne nous récupérer pour nous déposer en ville.

On a un bus de nuit à 22h30 vers Phnom Penh, la capitale du Cambodge. On réussit à louer une chambre pour une grosse heure, le temps que chacun prenne sa douche. Bien évidemment une douche froide, car pour une chaude, on devait payer le double du prix. On a préféré investir cette somme dans trois bières biens fraiches que pour ce luxe de bourgeois.

Après quelques parties de billard, on s’en va vers le bus. On est pommé. Personne ne parle anglais. Personne ne nous comprend. Et le bus n’est pas là où il doit être. On erre un peu dans le centre à la recherche de ce maudit bus qui part dans quelques minutes. On le trouve finalement. On embarque et on s’endort avec un gros ronfleur à côté…

J32 Phnom Penh

On arrive dans la capitale à 5h du matin. Rien n’est encore ouvert. On fait un gros câlin à la petite Suisse. On la considère un peu comme notre petite sœur. Elle s’en va dans quelques jours pour le Vietnam. Nos chemins se séparent ici à Phnom Penh. On prend un tuk-tuk vers l’hôtel.

On se fait accueillir par une dame khmère qui parle parfaitement français. Elle nous enregistre et nous offre un petit déjeuner gratuit. Elle nous donne quelques astuces comme par exemple une application pour réserver un tuk-tuk. Désormais, le prix est calculé à l’avance, fini les négociations.

Entre temps, la ville se réveille doucement. On fait quelques visites et on termine la matinée par le S-21. Un centre interrogatoire des années septante, qui a vu défiler plus de 14.000 personnes sous l’occupation du pays par les khmers rouge. Environ 200 ont survécu. On sort de là. On se sent tout petit. Il n’y a pas de mot pour décrire cet endroit.

L’après-midi on fait deux marchés et on rentre. Sur la route on réserve un bus pour le lendemain vers Siem Reap.

J33 Siem Reap

On a pour quelques heures de route devant nous. On arrive début d’aprèm à Siem Reap. On se pose et après un marché sympatoche, on rentre. On économise nos forces pour les jours à venir. On compte visiter Angkor, un site archéologique qui fût à l’époque l’une des capitales de l’empire khmer. On se fait un programme plus ou moins bateau et on s’endort.

J34 Siem Reap – Angkor – Jour 1

On prend un tuk-tuk pour rejoindre la ville. Notre hébergement était un peu décentré. On s’arrête à mi-chemin entre le centre de la ville et l’entrée du site d’Angkor. On essaye de trouver un endroit pour déjeuner. En vain. Tout à l’air d’être fermé. On trouve finalement une place dans un petit restaurant à l’air libre remplis de khmers. On n’a pas trop le choix pour le menu. La spécialité de la maison : poulet grillé avec du riz… Énième fois pour bien entamer la journée, rien de mieux qu’un bon bol de riz…

Une fois rassasié, on appelle un autre tuk-tuk. Avant de nous embarquer, il nous demande si on a les entrées. Négatif chef ! Et hop, c’est parti vers la billetterie à l’autre bout de la ville.

Un immense bâtiment avec un parking digne d’un stade de foot se dresse devant nous. Tout ça, pour acheter un billet… Mais on comprend rapidement pourquoi quand on voit la foule de touristes…

Pas donné une entrée pour trois jours… Mais je crois que l’on aurait payé le double ou triple si nécessaire. On a tellement entendu parler de ce lieu qu’il était hors de question de passer à côté.

On reprend notre moyen de transport favori et après quelques kilomètres il nous dépose à l’entrée.

Il est 9h. La foule qui est déjà là… On a du mal à y croire.

On commence par l’Angkor Wat. C’est le monument emblématique du pays. On le trouve un peu partout dans le pays. Même une bière porte son nom (pas la meilleure au passage mais on s’habitue rapidement).

On poursuit vers Bayon, un temple situé à l’intersection des routes Nord-Sud et Est-Ouest. Sublime.

Le site ferme à 17h30. Il nous reste encore un peu de temps pour voir quelques petits temples dans le Nord-Ouest.

On finit la journée en prenant des clichés du coucher de soleil sur Angkor Wat.

J35 Siem Reap – Angkor – Jour 2

On a eu le coucher. On veut également le lever ! Encore une mauvaise idée … On est debout à 4h. La veille, on a demandé au dernier tuk-tuk qui nous a déposé de venir nous prendre à 4h30.

4h50 et le coco n’est toujours pas là. On patiente. À 4h57 on voit une lumière au loin. Cool, il est enfin là. Une fois garé, on va dans sa direction. Ce n’est pas lui… C’est un autre conducteur pour un couple qui avait aussi réservé. Bon… Nous on attend notre tuk, lui ses clients. Ni l’un ni l’autre ne se pointe. On conclut un marché. Il nous prend.

Le site ouvre à 5h. Le lever est prévu pour 6h15. On se place au bord de l’eau et on attend. On va attendre longtemps. Il n’y aura pas de lever ce matin. Enfin si, le soleil est bien présent mais le ciel est couvert. Bon… On se dit que la journée ne fait que commencer.

On prévoit de voir toute la partie Est du site aujourd’hui. On marche quelques kilomètres et on arrive un peu avant 9 heure à Banteay Srei. On est les seuls. C’est génial. Un temple que pour nous. La déception matinale est passée. C’est juste bluffant.

On déjeune près d’une école. Un « tuk-tuk boulanger » se tient à l’entrée. Les enfants m’aident à choisir car tout à l’air bon et je ne sais pas quoi nous prendre.

Le bidou plein, on s’en va vers le fameux temple de Tomb Raider, le Ta Prohm. On découvre la nature qui a pris le dessus sur l’architecture. Chaque pierre a été conquise une par une au cours des siècles par la jungle. La vue est unique.

On continue notre lancée avec d’autres petits temples. Moins fréquentés et moins connus par les touristes.

Comme nous avons raté le lever du soleil, on se dit que l’on va récupérer par un coucher. On se dirige vers un temple sur un mont près de Bayon, le Phnom Bakeng. De nombreux touristes le grimpent. On fait de même mais à vitesse V-V’. Heureusement car une fois en haut, on apprend que les places sont limitées. Il peut y avoir 300 personnes simultanément. On reçoit un badge lorsqu’une personne quitte le sommet. On obtient les nôtres à temps. On admire la vue et on s’en va en ville.

Un marché nocturne, un bon bol de riz et direction le lit, car on décide de se lever à nouveau à 4 heures du matin pour avoir ce lever coûte que coûte !

J36 Siem Reap – Angkor – Jour 3

Le réveil sonne à 4h. Le tuk-tuk est là à 4h30. On est au bord de l’eau vers 5h10. On sait où se placer pour avoir le meilleur point de vue. On patiente. À 6h16 on a enfin le cliché que l’on désirait. On tarde encore une bonne demi-heure et on revient au centre-ville.

Comme on a visité tout ce que l’on voulait et comme le pass dure 3 jours, on profite pour voir les temples en dehors de l’enceinte d’Angkor.

On part à la recherche d’une boutique de location de vélo. On zappe la première lorsqu’ils nous annoncent que l’on doit déposer 500 euros de consigne par vélo…

Comme on n’a pas encore déjeuné, on cherche en même temps quelque chose à grignoter. On tombe sur une boulangerie française ! Trois pains au chocolat plus un gratuit. Il ne faut pas nous le répéter deux fois.

De la terrasse de la boulangerie, on aperçoit des vélos à louer. On discute avec le propriétaire. On lui explique que le temple que l’on veut visiter se trouve à 20km. Il nous fait un petit topo sur l’état des routes et nous convint de prendre un tuk. Pourquoi pas. Il nous propose un prix, je lui propose le mien. On finit par trouver un bon arrangement. Il nous recommande la visite d’un village à plus de 50km. C’est un village flottant. C’est un peu une nouveauté pour nous. On valide et on monte dans son tuk-tuk.

Quelques kilomètres avant l’entrée du village, il s’arrête pour que l’on puisse prendre les tickets. On apprend qu’il s’agit d’un tour en bateau pendant une heure. Le prix ? L’équivalent de la moitié du ticket de trois jours pour Angkor ! Hors de question que l’on paye ça… C’est exorbitant.

J’engueule le conducteur qu’il ne nous a pas prévenu. Que son faux-plan il peut se le garder. On rebrousse chemin. On arrive au temple que l’on voulait voir initialement. Là, on le fait poireauter un bon moment. Il a voulu nous avoir, il va nous attendre ! On prend tout notre temps, presque deux heures pour faire environ huit kilomètres. On est sûr qu’il a dû croire que l’on voulait le semer car quand on l’a vu, il roulait à notre recherche !

Comme il n’a pas respecté sa part du marché, je lui ai proposé soit de réduire sa rémunération soit de nous déposer là où l’on voulait. Il savait que j’avais raison. Il n’a même pas chicané.

On débarque à la porte Est d’Angkor et on marche. L’après-midi on la passe dans des hamacs d’un petit restaurant local.

Vers 15 heures on quitte les lieux. On désire faire encore quelques photos de Bayon que l’on a vu il y a deux jours.

Après deux heures de marche, un policier en scooter nous interpelle. Il nous demande pourquoi on est à pieds. On lui rétorque que l’on ne roule pas sur de l’or et qu’au moins comme ça on visite tout ! Il nous salue et s’en va. Il s’arrête 100 mètres plus loin. Il regarde au loin et interpelle un jeune khmer qui arrive aussi en scooter. Ils s’échangent quelques mots et le flic nous appelle. Il nous explique qu’ils vont nous déposer au temple. À cinq kilomètres de là ! C’est la meilleure ! Un lift gratos ! Comment ne pas dire oui ! On grimpe avec la banane jusqu’aux oreilles ! On les remercie chaleureusement, on se prend en selfie avec eux et on poursuit notre chemin. Ce genre d’attitude nous a juste bluffé. On s’attendait à tout sauf à ça. Deux inconnus qui nous proposent de l’aide contre une poignée de mains. On s’en souviendra encore longtemps de cet épisode.

On rentre juste après le repas. On est debout depuis 17 heures. Il est temps d’aller pieuter.

J37 Siem Reap – Bangkok

Notre pass d’entrée d’Angkor est terminé. On se lève très tard. On récupère nos heures de sommeil. En trois jours on aura fait 74 km à pieds. Une fois les sacs bouclés, on part en ville. On les dépose dans le bureau où l’on a réservé nos billets pour le bus de nuit vers Bangkok.

La journée s’écoule tranquillement. On est tout sauf pressé. Vers 17 heures on se fait un petit billard. 11 victoires d’affilée. Il n’y a plus personne à défier. On s’en va.

La veille, lors de la réservation du bus, on nous a bien confirmé que chacun aura son lit. On l’avait quand même redemandé deux fois pour être sûr. Tout content de dormir séparément, on se dirige vers nos numéros. On remarque qu’il n’y a pas de lit mais des gros fauteuils inclinables. Bon… on fait avec. Chacun sa couette et dodo. On va nous réveiller seulement à la frontière.

J38 – J42 Bangkok

Les bureaux d’immigration ouvrent à 6 heures du matin. On fait la file pendant quasi deux heures. On obtient nos visas et on reprend le bus. On arrive dans la mégapole asiatique début de l’après-midi. Le retour à la « civilisation » est dur. C’est une vraie ruche. C’est toute la population belge réunie sur quelques dizaines de kilomètres carré. Il y a environ dix millions d’habitants…

Pour rejoindre notre hébergement on empreinte deux métros aériens. On y restera trois nuits.

Pendant ces quelques jours on fera des marchés et deux temples bien sélectionnés préalablement. On en a vu tellement que l’on ne choisit que les plus atypiques.

On a vu des contrefaçons de tout. Les nouveaux smartphones « made in Vietnam » sont juste bluffants. On voit à peine que ce sont des faux.

On visite également une tour qui offre une vue panoramique de la ville. Le ticket d’entrée comprend un buffet de fruits. On ne s’en prive pas puisque ce matin on n’avait pas déjeuné.

Pour rejoindre un des temples de l’autre côté du fleuve Chao Phraya, on fait la file avec les locaux. Pour 40 centimes le ticket. La file européenne facture une dizaine d’euro si pas mieux. Certes on doit attendre un peu plus, mais ce n’est pas le temps qui nous manque.

Et voilà, dernière bouffe locale avant le vol. On a les yeux plus gros que le ventre.

L’avion décolle à minuit heure locale. Dans quelques heures on est à la maison. On atterrit à Bruxelles à 6h30 du matin. J’ai eu la bonne idée d’être en short. Il fait gris, il fait moche, il pleut et il y a environ 40 degrés de différence. Mais je fais avec !

Une fois les bagages récupérés, on retrouve nos familles. Les sourires et les câlins sont au rendez-vous. Après ces quelques semaines passées ensemble tel un vieux couple, on se quitte avec Gaëtan.

On se retrouve quelques jours plus tard. On rigole en se remémorant les histoires les plus farfelues. On est sûr d’une chose : ce voyage restera gravé à jamais dans nos mémoires.

Merci de m’avoir suivi.

Merci pour tout le soutien que j’ai reçu.

Merci pour tous les encouragements et les conseils que j’ai pu obtenir.

Kam.

P.S. : Ah oui, voici le résultat des courses :

  • 10.000 kilomètres en avion
  • 4.902 kilomètres en bus
  • 675 kilomètres à pieds soit 898.749 pas
  • 280 kilomètres en bateau
  • 190 kilomètres à vélo
  • 20 kilomètres en kayak

Et quelques centaines de kilomètres en tuk-tuk mais ça c’est une autre histoire !